Le recueil d’informations médicalisé en psychiatrie recensera en 2018 les recours à la contention

Lors d’un congrès au ministère, la DGOS a apporté des précisions sur l’instruction sur la contention et l’isolement en psychiatrie, qui doit être publiée dans les prochaines semaines. Le recueil d’informations médicalisé en psychiatrie (RimP) devrait notamment recenser à partir de 2018 les recours à la contention dans les établissements de santé.

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La crise psychotique, un épisode dont on peut se relever- Planete sante, Suisse

Face à des stress majeurs, certaines personnes perdent momentanément le contact avec la réalité. Une prise en charge médicale rapide est utile pour éviter la chronicisation des troubles.

«Je me mentirais si je ne disais pas que je suis un génie.» «J’ai l’impression d’être trop occupé à écrire l’Histoire pour avoir le temps de la lire.» Kanye West est connu pour ses frasques et ses répliques mégalomanes. Lors de son dernier concert, le 19 novembre, ses diatribes contre Beyoncé, Jay Z et ses élucubrations politiques n’ont toutefois pas manqué d’interpeller ses fans. La star, qui visiblement n’était pas dans son état normal, a interrompu son show précipitamment. Deux jours plus tard, le chanteur a été hospitalisé pour une crise psychotique. Il s’agit d’«un état de rupture dans la manière qu’a l’individu d’interagir et de percevoir la réalité», explique le Dr Logos Curtis, responsable de l’unité de psychiatrie du jeune adulte aux Hôpitaux universitaire de Genève (HUG).

«Durant une phase aiguë, on observe une désorganisation de la pensée et du comportement de la personne», complète le professeur Philippe Conus, chef du département de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Mais aussi des troubles de la perception qui peuvent prendre la forme d’hallucinations auditive, visuelle, olfactive, gustative ou somatique. «Certains patients entendent des voix, se sentent porteurs d’un message ou d’une mission importante. Trahis par une perturbation de leurs sens, ils peuvent avoir l’impression de toucher ou d’être touchés alors qu’il n’y a aucun contact», illustre Philippe Conus.

Les idées délirantes peuvent prendre la forme de théories explicatives irrationnelles et illogiques par rapport aux normes auxquelles on s’attend. Elles ont parfois un caractère mystique. «Ces convictions inébranlables induisent des changements importants chez la personne», décrit le Dr Curtis. Excessives, elles peuvent encore s’exprimer par de la mégalomanie (surestimation de ses capacités) ou de la persécution, un sentiment dont semblait d’ailleurs habité le rappeur américain, quand il a évoqué Jay Z: «Je sais que tu connais des tueurs mais ne les envoie pas à mes trousses. Appelle-moi et parle-moi comme un vrai mec», aurait-il déclaré devant son public.Surcharge et stress majeurs

Drogue et santé mentale
La consommation de drogue n’est pas sans risque pour la santé mentale si on en croit de nombreuses études. Dans la population générale, le cannabis semble diminuer les fonctions cognitives et la motivation. «La consommation de cannabis avant 14 ans, dans la phase de remaniement architectural du cerveau qui survient à l’adolescence, augmente le risque de développer plus tard une psychose, comme la schizophrénie», prévient le professeur Conus. Les chiffres varient selon les études, mais jusqu’à 70% des patients psychotiques en consommeraient régulièrement. Or, «chez ces patients, la consommation de cannabis aggrave l’évolution et augmente le risque de rechute», déplore le spécialiste.

Comment expliquer la survenue d’une telle crise?

Selon le professeur Conus, la psychose peut avoir des causes somatiques qu’il convient d’abord d’exclure: une fièvre élevée, un dysfonctionnement ou le vieillissement du cerveau, des métastases cérébrales, la prise de drogue (le LSD notamment) ou les effets rebonds d’un sevrage. Si tel n’est pas le cas, la crise psychotique relève alors de la psychiatrie. Les symptômes peuvent être soudains ou apparaître de manière progressive. Généralement, la crise psychotique survient dans un contexte de stress majeur (accumulation de difficultés, rupture, licenciement, décès, consommation de drogue, relations houleuses avec l’entourage, par exemple), «quand le psychisme ne peut plus faire face à toutes les exigences», explique le Dr Curtis.

D’après le médecin de la star, Kanye West était dans un état de grande fatigue et s’apprêtait à commémorer l’anniversaire des funérailles de sa mère décédée quelques années plus tôt. «On peut parfois voir la psychose comme un mécanisme de défense face à une réalité que l’individu considère, d’une façon ou d’une autre, comme inacceptable. Il cherche alors, au travers de ses nouvelles convictions, à lui donner un sens qui le soulage et le protège», poursuit le spécialiste.

Des facteurs génétiques et héréditaires, des traumatismes (abus sexuels durant l’enfance par exemple), la consommation de drogue, le fait de grandir dans un environnement urbain ou dans un milieu peu soutenant sont des facteurs de risque.

Consulter rapidement

Le plus souvent (dans 85% des cas), et à moins d’avoir une origine somatique, la première décompensation psychotique survient entre 15 et 25 ans. Il se peut donc que Kanye West, âgé de 39 ans, n’en soit pas à son premier épisode.

Les symptômes psychotiques peuvent être l’expression d’une schizophrénie, la psychose chronique la plus fréquente. Ils peuvent aussi se présenter dans un contexte de dépression profonde, d’épisode maniaque chez une personne souffrant de troubles bipolaires ou encore d’une crise abandonnique chez une personne borderline, par exemple. «Il se peut aussi que ce déséquilibre psychique aigu ne soit associé à aucune pathologie psychiatrique, mais lié à un épisode de stress majeur. Il sera alors unique», rassure le professeur Conus.

Face à un proche qui perd pied, il est important de consulter rapidement le médecin traitant ou de l’accompagner aux urgences psychiatriques. «Plus l’épisode psychotique est court, moins l’impact sur la vie du patient est grand et meilleur sera son pronostic», affirme le Dr Curtis. Tout dépend bien sûr de l’ampleur de la chute, mais la plupart des patients continueront à mener une vie normale. Un tiers des personnes s’en remettra complètement, un tiers aura besoin d’un soutien épisodique tandis que le restant aura besoin d’un accompagnement plus conséquent et durable.

Pour aider le patient à se reconnecter avec la réalité et avec les autres, un soutien psychosocial, psychologique et, si nécessaire, médicamenteux lui est proposé. Un travail sur les facteurs précipitants est également entrepris afin de mieux les éviter ou les maîtriser.

La psychiatrie sort des murs de l’hôpital

Intervenir directement dans le milieu naturel des patients souffrant de troubles psychiatriques: telle est la mission de l’unité de psychiatrie mobile du CHUV à travers tout le canton de Vaud. Ses équipes sont composées d’infirmiers, de médecins psychiatres et d’assistants sociaux. Elles viennent en aide aux personnes marginalisées et réfractaires aux soins. À l’inverse, elles optimisent la prise en charge de personnes coutumières des urgences et des séjours psychiatriques, qui n’arrivent pas à poursuivre leur traitement dans la durée. Ou encore, à la demande d’un tiers, elles effectuent un suivi intensif de patients dans leur milieu.

La prise en charge thérapeutique est moins frontale et moins médico-centrée qu’une approche classique, explique le Dr Stéphane Morandi, responsable de l’unité de psychiatrie mobile du CHUV: «Nous accompagnons ces personnes dans des démarches qui apportent une réponse concrète à leurs difficultés. Nous remettons sur pied, si nécessaire, leur réseau de soins. Enfin, nous privilégions une approche collaborative avec le patient et établissons un projet avec lui.»

Éprouvés aux Pays-Bas et en Angleterre, ces modèles de soins restent rares en Suisse. «Or, ils facilitent l’acceptation des soins et permettent de résoudre des situations qu’on croyait désespérées», ajoute le Dr Morandi.

Source : La crise psychotique, un épisode dont on peut se relever – Planete sante

Comment les objets connectés peuvent aider la psychiatrie – Le Point

Plus de 4 000 experts en psychiatrie sont réunis à Paris, à l’occasion du 15e Congrès de l’Encéphale qui se tient jusqu’à vendredi, pour mettre à jour leurs connaissances, discuter de leurs pratiques et des évolutions de leur métier.

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Des associations de patients et de familles saluent l’encadrement accru de la contention à défaut d’interdiction

Plusieurs travaux et réflexions sont actuellement engagés (1) pour mieux encadrer les pratiques d’isolement et de contention en psychiatrie. Dans ce cadre des travaux institutionnels, des associations de patients et de proches en psychiatrie saluent la perspective d’un encadrement renforcé de ces pratiques, à défaut de pouvoir en obtenir l’interdiction. Le CRPA propose pour sa part d’instaurer un contrôle judiciaire en cas de contestation de ces mesures.

Ainsi, la Haute Autorité de santé (HAS) doit notamment achever, au cours de ce mois de janvier, la phase de consultation des parties prenantes (organisations professionnelles, associations de patients ou d’usagers, institutionnels, etc.) en vue d’émettre des recommandations, vraisemblablement publiées en mars prochain. Alors que la HAS finalise, selon nos informations, des outils pour renforcer la traçabilité des mesures, la perspective d’un encadrement renforcé de ces pratiques est salué par plusieurs associations de patients.

Les associations, qui ont été associées aux travaux menés par la haute autorité, mais aussi à ceux menés à l’Assemblée nationale pour évaluer la loi du 27 septembre 2013, tiennent à rappeler au préalable leur position de principe en faveur d’une disparition de ces pratiques.

La prévention comme nécessaire préalable

Une position défendue aussi par l’Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) qui milite pour que « le corps médical s’oriente vers la suppression de ces pratiques », rappelle un représentant de l’association. Et à défaut d’obtenir cette suppression effective, l’Unafam plaide de longue date pour la diffusion d’un guide de bonnes pratiques dans chaque établissement, en identifiant les actions de prévention qui ont été mises en place et celles qui auraient dû l’être pour éviter le recours à la contention et à l’isolement.

L’association insiste sur le fait que ces mesures ne doivent pas être considérées comme des « pratiques thérapeutiques » mais des mesures permettant des soins ultérieurs. Au-delà, il s’agit de former les personnels au respect des droits des patients et de leur dignité, ainsi qu’à la prise en charge de l’agitation et de l’agressivité.

La Fnapsy insiste également sur cette dimension de prévention au travers de la formation, estimant que ces mesures relèvent du « dernier, même ultime recours ». Et celles-ci, si elles ont lieu, doivent obéir à une protocolisation permettant de garantir un respect maximum des droits fondamentaux des patients en psychiatrie, et de surcroit être répertoriées, afin d’empêcher des dysfonctionnements dans certains établissements où les recours à l’isolement et à la contention auraient tendance à se multiplier.

Une opposabilité administrative de la mise à l’isolement

Au-delà de l’opposition de principe à ces pratiques, les représentants (2) du Cercle de réflexion et de propositions d’action sur la psychiatrie (CRPA) concèdent également une « position pragmatique » compte tenu de la réalité du terrain. « Nous sommes pour que les mesures de mise à l’isolement prêtent lieu à une décision administrative opposable », écrivent-ils dans un document mis en ligne le 10 janvier sur le site de l’association. « Ce qui implique que de telles décisions soient formalisées et soient notifiées aux personnes concernées avec une […] indication des voies et délais de recours », poursuivent-ils. Afin de « garantir la France contre des condamnations à répétition pour traitements inhumains et dégradants, il serait a minima opportun » que le juge des libertés et de la détention (JLD) soit rendu compétent pour statuer sur des contestations de mise à l’isolement ou de contention lors du contrôle de plein droit des mesures d’hospitalisation sans consentement à temps complet, propose le CRPA.

Ce contrôle pourrait également s’opérer à l’occasion de saisines facultatives en dehors des contrôles obligatoires.

L’association recommande également que soit institué, par voie législative, qu’au-delà d’une certaine durée de mise à l’isolement et ou de contention « en continu » (par exemple cinq jours), il y ait un contrôle juridictionnel obligatoire » par le JLD. Ceci avec assistance obligatoire de la personne isolée avec ou sans contention, par un avocat ou une personne de confiance. Et dans l’attente d’une telle mise aux normes de la France au regard de celles « de la Cour européenne des droits de l’homme sur ce sujet », la HAS pourrait recommander, « que toute mise à l’isolement avec ou sans contention devant durer plus de quelques heures, prête lieu à une notification écrite à la personne concernée de cette décision, en tant que décision administrative écrite et motivée ». Le CRPA accueille donc favorablement la « protocolisation importante » des pratiques prévue dans le projet de recommandation de la HAS, puisque selon l’association, « la moindre des choses est que [ces mesures] soient fortement encadrées ».

Enfin, comme les autres associations de patients, le CRPA appuie sur la nécessité, toujours prégnante, de la formation des personnels et recommande de pouvoir assurer dans les unités de soins en milieu fermé un effectif suffisant afin de limiter le recours à ces pratiques d’isolement et de contention.
Caroline Cordier, Hospimedia
(1) La DGOS prépare une circulaire sur le sujet et une mission d’évaluation de la loi du 27 septembre 2013 sur les droits, la protection et la prise en charge des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques poursuit actuellement ses travaux à l’Assemblée nationale.
(2) Les observations du Cercle de réflexion et de propositions d’action sur la psychiatrie (CRPA) ont été rédigées par Me Raphaël Mayet, avocat au Barreau de Versailles, le Dr Mathieu Bellahsen, psychiatre des hôpitaux, et André Bitton, président du CRPA.

Source : La psychiatrie française en revue, etc.: PSYCHIATRIE Des associations de patients saluent l’encadrement accru de la contention à défaut d’interdiction

Un risque élevé de suicide dans les trois mois qui suivent la sortie de l’hôpital psychiatrique

La mort d’un patient est toujours dramatique. Mais encore plus douloureusement ressentie quand il s’agit du décès par suicide d’un sujet ayant à peine quitté le service où il se trouvait hospitalisé ! Par convention, on considère que ce suicide survient rapidement quand une durée inférieure ou égale à trois mois s’est écoulée depuis le terme de cette hospitalisation.

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Appel à projets : Innovations thérapeutiques en psychiatrie

L’appel à projet 2017 de la Fondation de l’Avenir dédie 1,2 millions d’euros à la recherche médicale. Les projets doivent être déposés avant le 3 mars 2017.

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Enquête de coût en psychiatrie : répondez au questionnaire de l’ATIH

L’Agence technique de l’information hospitalière (ATIH) lance son enquête de coûts 2016 en psychiatrie. Jusqu’au 21 janvier 2017, les établissements candidats sont invités à remplir le questionnaire de sélection composé de deux parties: les coordonnées des contacts, et des questions spécifiques sur l’activité psychiatrique et la comptabilité analytique. Continuer à lire … « Enquête de coût en psychiatrie : répondez au questionnaire de l’ATIH »

L’expérimentation du remboursement des psychologues libéraux pour les 6-21 ans définitivement adoptée!- Syndicat National des Psychologues

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 a été définitivement adopté à l’Assemblée nationale le 6 décembre 2016.

Dans sa version définitive, l’article 68 valide l’expérimentation du remboursement des consultations chez un psychologe en libéral pour les jeunes de 6 à 21 ans.

Dans cette expérimentation prévue pour l’instant uniquement dans 3 régions en 2017 (Ile de France, Pays de la Loire et Grand Est) les médecins ou les psychologues scolaires pourront orienter les familles vers les psychologues installés en libéral qui diposent d’un numéro ADELI…

Lire ci-dessous le texte de l’article 68 adopté le 6 décembre 2016 Continuer à lire … « L’expérimentation du remboursement des psychologues libéraux pour les 6-21 ans définitivement adoptée!- Syndicat National des Psychologues »

Pourquoi l’information scientifique ne parvient-elle pas toujours à convaincre ?- Jim.fr

Surpuissance d’internet, manipulation de la presse, manque de culture scientifique : les raisons pour lesquelles de prétendues alertes sanitaires, en dépit des dénégations de la majorité des scientifiques, connaissent tant de succès sont régulièrement énumérées. Mais ces éléments, aussi importants soit-ils, ne sont pas seuls en cause. Notre esprit est façonné pour recevoir, traiter et accepter certaines informations plutôt que d’autres.

Ces mécanismes sont décryptés pour nous par Jean-Paul Krivine, rédacteur en chef de Science et pseudo-sciences, la revue de l’Association française pour l’information scientifique, qui éclaire d’une manière précise et dépassionnée les raisons de nombreuses croyances actuelles.

Par Jean-Paul Krivine* Continuer à lire … « Pourquoi l’information scientifique ne parvient-elle pas toujours à convaincre ?- Jim.fr »

Un psychiatre condamné après le « meurtre » commis par un patient irresponsable pénalement- JIM.fr

Paris, le jeudi 15 décembre 2016 – Après la condamnation du docteur Danièle Canarelli, finalement annulée en raison de la prescription des faits, c’est la seconde fois en France qu’un psychiatre est reconnu « responsable » du meurtre commis par un patient atteint de troubles psychiatriques placé sous sa responsabilité. Continuer à lire … « Un psychiatre condamné après le « meurtre » commis par un patient irresponsable pénalement- JIM.fr »