Dangerosité psychiatrique : repérer les signes d’alerte et écouter les proches-Haute Autorité de Santé

En France, environ 1 % de la population souffre de troubles schizophréniques et environ 1 % de troubles bipolaires graves. Ils sont à l’origine de 3 à 5 % des cas de violence.

Prévenir le risque de passage à l’acte violent constitue un des enjeux majeurs de la prise en charge médicale de ces patients.

Saisie par le Ministère chargé de la santé, la Haute Autorité de Santé a organisé une audition publique afin de proposer aux professionnels de santé un état des connaissances objectif et rigoureux, pour les aider à mieux connaître et donc mieux repérer les signes d’alerte et à anticiper la survenue d’actes violents par une prise en charge adaptée. Dans le prolongement de la réunion publique du 10 décembre 2010, les travaux menés par la commission d’audition, avec l’appui méthodologique de la HAS, ont abouti à la rédaction d’un rapport d’orientation et à l’élaboration des 84 recommandations publiés .

Ce rapport fait le point sur le risque de violence chez les personnes souffrant de troubles mentaux graves (troubles schizophréniques ou de l’humeur) : il identifie les facteurs de risque de violence et les signes d’alerte d’un passage à l’acte violent, et préconise les mesures préventives à mettre en œuvre. Outre ces facteurs de risque, des éléments cliniques peuvent laisser présager d’une survenue prochaine d’actes violents.

  • Chez les patients schizophrènes, plusieurs signes doivent alerter les soignants :  délire paranoïde avec injonction hallucinatoire ; idées délirantes de persécution avec dénonciation d’une personne considérée comme persécutant le malade ; idées délirantes de grandeur, passionnelles ou de filiation ; menaces écrites ou verbales pouvant évoquer un scénario de passage à l’acte contre le persécuteur supposé.

  • Pour les troubles de l’humeur, les équipes soignantes doivent être vigilantes vis-à-vis de la douleur morale du patient. Des idées de ruine, d’indignité ou d’incurabilité, notamment quand elles s’élargissent aux proches, un sentiment d’injustice ou de blessure narcissique peuvent interpeller.

Écouter les proches.

Ces actes de violence envers autrui touchent en premier lieu la famille et les proches, d’autres patients et les professionnels de santé.  Plus exceptionnellement, des personnes sans aucun lien avec le patient.

« Être attentif et à l’écoute des proches permet souvent de désamorcer un possible passage à l’acte violent », note la HAS.

« La prise en charge attentive, proche et durable et surtout sans rupture de soins, en particulier dans les six premiers mois après la sortie de l’hôpital, est une des clés pour prévenir ce risque », conclut la Haute Autorité.

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