Région PACA : mise en place de l’expérimentation des « médiateurs santé /pairs »

Dès janvier 2012, l’Agence régionale de Santé de PACA  met en place l’expérimentation des « médiateurs santé /pairs  » dans les services de santé mentale et d’insertion sociale. 

Des recrutements de médiateurs ont déjà eu lieu courant novembre, comme au CH de Cannes. ARS Paca s’inscrit dans un programme national « qui permet aux personnes présentant des pathologies mentales pouvant aller des troubles dépressifs aux troubles psychotiques les plus sévères d’être accompagnées, dans le cadre de leur prise en charge, par des personnes ayant elles-mêmes traversé des épisodes de troubles mentaux ».

Le docteur Hugues Riff, directeur adjoint délégué aux patients, offre de soins et autonomie à l’ARS, a détaillé la mise en place de ces médiateurs, à titre expérimental donc, dans trois régions : Île de France, Nord-Pas-de-Calais et Paca.

« La réinsertion est possible »

« Ce principe existe dans d’autres domaines (cancérologie, addictologie…) et dans d’autres pays comme le Canada. Désormais, un pair stabilisé qui maîtrise sa maladie mentale peut devenir un aide ».

Deux équipes marseillaises vont accueillir cette expérimentation, ceux des professeurs Lançon et Girard. « Ce sont eux qui ont sélectionné d’anciens malades ». À partir de janvier, ces médiateurs vont commencer leur formation, sur huit semaines à Paris, Lille et Marseille (une semaine par mois), et leur travail. « 

Les médiateurs vont intégrer les équipes et débutent une formation à la faculté de médecine en alternance de janvier prochain à octobre 2012. Leur formation est assurée par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie). Et c’est l’ARS qui finance cette action pour un montant de 330 000 par an pour le recrutement par les établissements retenus (APHM, Valvert, Centre hospitalier de Cannes et Sainte-Marie à Nice) de 5 binômes de médiateurs, soit dix médiateurs sur la région. Chaque médiateur sera rémunéré 2 500 euros brut par mois. Il sera un acteur reconnu dans l’équipe de soin, et pourra faire aussi des visites à domicile ».

« Les candidats ont été très nombreux : plus de 300 ! À terme, ce programme vise la reconnaissance d’un nouveau métier« , notait le docteur Riff.

« Le bénéfice est triple :

  • pour le patient malade qui joue le rôle de médiateur en santé mentale, c’est une responsabilité qu’on lui confie, une intégration dans une équipe de soin.
  • Pour le malade chronique, il a quelqu’un avec qui il se sent plus proche qu’un soignant.
  •  Et pour l’équipe, avoir recours à l’utilisateur du service de santé est important.

Le tout pour montrer que la réinsertion est possible ».

Pour le docteur Riff, « pas de risque que les anciens patients « replongent » même si c’est dans le cadre d’une maladie chronique. À nous de montrer que ce dispositif peut marcher ».

Réactions syndicales…

FO Santé: 

Elle demande dans un communiqué l’abandon de l’expérimentation de médiateur de santé pair intégrant des malades dans des équipes soignantes de psychiatrie lancée dans trois régions : Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le syndicat s’interroge sur le bien-fondé de ce dispositif de médiation en santé mentale et lui oppose la nécessaire élévation du niveau de formation des professionnels de santé, la réouverture des lits nécessaires à une meilleure prise en charge des malades, l’évolution du nombre de places offertes dans les instituts de formation en soins infirmiers ou encore l’augmentation des recrutements de personnels médicaux et soignants dans les établissements spécialisés en psychiatrie…

« Et ces médiateurs sont payés plus qu’une infirmière qui débute (1615 bruts) ! », s’insurge Pierre Tribouillard (FO Santé).

Pour Gérard Avena (Sud santé) :

« On ne veut même plus payer des gens pour s’occuper des malades mentaux. Mais comment un malade peut-il conseiller un autre ? On met quelqu’un qui souffre un peu moins pour soigner celui qui souffre plus ? Et en plus on le paye ? ! Et dans cette formation de huit semaines (!), ils vont apprendre quoi ? Nous, on n’apprend pas notre métier dans la théorie mais face à la souffrance morale, le délire, l’agressivité. Et enfin, la réinsertion passe par les médecins, l’assistante sociale, les aides soignants. Et de vrais moyens« .

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