Encore trop de lits dans les hôpitaux psychiatriques- Belgique

Les hôpitaux psychiatriques déclinent. Les services de proximité ont la côte. Mais la Belgique demeure à l’avant dernière place au niveau européen. L’offre de lits en hôpitaux psychiatriques en Belgique a baissé de 37 % en 25 ans. Le constat est dressé par le Mouvement pour une Psychiatrie Démocratique dans le Milieu de Vie (MPDMV).

Ce chiffre peut paraître comme un progrès considérable. Mais la Belgique figure toujours en tête de liste du palmarès européen du plus grand nombre de lits en hôpitaux psychiatriques, avec plus de 150 lits par 100 000 habitants.

Dans ce classement réalisé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en juillet 2011, il n’y a que Malte qui soit au-dessus de notre pays.

C’est une conversion plutôt lente, en comparaison à des pays comme l’Italie ou l’Espagne, menant le bal en ce sens, affirme le MPDMV. L’organisation souligne que ces pays ont déjà pratiquement éliminé tous leurs hôpitaux psychiatriques, finançant désormais presque exclusivement des services de proximité. Cette dernière pratique a d’ailleurs été reconnue par l’OMS comme étant plus efficace pour les patients que les hôpitaux psychiatriques, peu importe la longueur du séjour.

Au diable, les asiles ?

Coûteux et inhumains, en effet, les hôpitaux psychiatriques ne sont plus en adéquation avec la société pour octroyer des soins de santé mentale, affirme dès lors le MPDMV, rejoint dans ce constat par l’Institut Wallon pour la Santé Mentale (IWSM). Car au-delà de la période de crise, ils sont loin d’offrir une approche thérapeutique et de soutien autant « ciblée » que les services de proximité.

« Contrairement aux structures alternatives, les hôpitaux psychiatriquesisolent les personnes de leur contexte de vie alors qu’elles souhaitent vivre, apprendre, travailler, aimer dans la communauté », croit le MPDMV.

Les deux organisations confirment d’ailleurs que la conversion actuelle des lits vers des services alternatifs est la voie souhaitable.

Une psychiatrie réhumanisée ?

Ouverture, toutefois, vers un autre mode de prise en charge : la réforme 107, adoptée cet automne, laissera les patients tant que possible dans leur milieu de vie, se réjouit l’IWSM.

Cela diminuera les besoins en termes de lits d’hôpitaux psychiatriques, qui seront ainsi « gelés » et dont le financement sera converti en équipes mobiles d’intervention.

Ces dernières opéreront 24 heures sur 24, et 7 jours 7, et ils disposeront de lits de crises, ce qui leur permettra d’accommoder les « cas lourds » nécessitant un encadrement spécifique. Il s’agirait du service phare de la réforme 107, qui sera pleinement efficace d’ici à 2014.

« Et les services de proximité ne diminueront pas l’offre de services actuels », assure la directrice de l’IWSM, Christiane Bontemps.

« Moins de stigmatisation »

Diminuer les services serait une bien mauvaise idée, car en Belgique, 24 % de la population est actuellement aux prises avec une problématique de santé mentale.

Selon Christiane Bontemps, cela ne représente ni une hausse ni une baisse. Des statistiques difficiles à quantifier, tant le tabou est encore fort présent dans le public par rapport à ce type de problème. Mais on avance…

« Les gens viennent plus vers les ressources qu’avant, donc on voit plus de cas. Ça reste stigmatisant pour eux, mais moins qu’il y a 10 ans », observe-t-elle. ¦

Source: http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20111212_00092016

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