Etablissements et structures de soins prenant en charge la dépression et la schizophrénie: est-ce une loterie? -Le Point.fr

Le Point.fr – Publié le 22/08/2014 à  14:55

Deux millions de patients ont été hospitalisés en psychiatrie en 2012. Les indicateurs montrent une grande disparité tant dans la durée d’hospitalisation que dans la qualité de la prise en charge. Qualité de soins et d’équipement, nombre de praticiens : c’est la loterie.

Dépression, schizophrénie, c’est à travers ces deux pathologies que Le Point a évalué pour la première fois 400 établissements et structures de soins prenant en charge les maladies mentales.

Une enquête rendue possible par l’analyse exclusive d’une nouvelle base de données, le RIM-P, qui regroupe les dossiers – anonymisés – des deux millions de patients pris en charge en 2012 dans ces centres, majoritairement publics, les cliniques privées à but lucratif n’assurant que 5 % de ces séjours.

Au terme de cette longue investigation, s’il est possible de dresser un classement des meilleurs établissements pour la prise en charge de la schizophrénie et de la dépression chez les adultes, cette plongée révèle aussi les inégalités et les écarts de pratiques qui caractérisent l’offre kafkaïenne du système de soins psychiatriques français.

Gardiennage

D’une prise en charge asilaire, les établissements de soins sont passés à une activité qui se déroule à 90 % en ambulatoire, facilitée par l’utilisation des neuroleptiques, l’hospitalisation à temps complet étant réservée aux cas les plus sévères. Mais les écarts livrés par l’exploitation du RIM-P sont saisissants. Dans certains établissements, on hospitalise les patients au long cours, l’activité ambulatoire est faible ou les actes médicaux peu nombreux. Raison avancée ? Le manque de psychiatres ou plutôt leur mauvaise répartition sur le territoire, ceux-ci se concentrant dans les zones les plus riches, d’autres étant abandonnées par les praticiens.

Pourtant, les densités de lits et d’équipements sont parmi les plus élevées d’Europe, la France étant la mieux dotée en nombre de psychiatres par habitant. Tout cela ne l’empêche pas d’afficher l’un des premiers taux de suicide au monde.

La qualité des soins ? « Je pense qu’elle est très variable. On est parfois plus dans le gardiennage qu’autre chose », estime le député PS Denys Robiliard, rapporteur de la mission parlementaire sur la santé mentale qui a rendu ses travaux en décembre 2013. Raison de plus pour ne pas se tromper en choisissant, si possible, un établissement dont la prise en charge est de qualité.

Source

LIRE l’article de François Malye et Jérôme Vincent« Psychiatrie, Kafka à l’hôpital » (abonnés).

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