Un palmarès des établissements en psychiatrie ?

Cette année le classement des hôpitaux et des cliniques du « Point » intègre la psychiatrie, ce qui a suscité beaucoup de réactions contrastées. D’aucuns se félicitent d’une possible avancée vers moins de stigmatisation du secteur, d’autres pointent une réalité trop complexe pour rentrer dans des statistiques… 

« Il y a ceux qui se félicitent que Le Point ait pris l’initiative d’intégrer la psychiatrie dans le palmarès 2014 des hôpitaux et des cliniques. « Considérer la psychiatrie comme toute autre spécialité, la maladie mentale comme toute autre maladie est un signe de progrès tant ces troubles demeurent stigmatisés », nous écrivent les professeurs Raphaël Gaillard et Jean-Pierre Olié du centre hospitalier Sainte-Anne à Paris. « Le dossier est peut-être encore plus intéressant que le classement lui-même […] et reflète des réalités incontestables, estime le professeur Antoine Pelissolo du groupe hospitalier Henri-Mondor-hôpital Albert-Chenevier à Créteil.

On peut en tirer deux enseignements importants : l’inégalité des ressources et des modes d’organisation selon les territoires, qui pose un vrai problème politique de santé publique et même, dans une certaine mesure, de démocratie. Et par ailleurs le manque de lisibilité et de coordination des structures de soins existantes. »

Le discours sur les maladies psychiatriques doit changer

« Certaines rencontres ont manifestement permis aux journalistes detoucher du doigt la précarité de certains patients… et le dénuement de certaines équipes, dont l’investissement professionnel est d’autant plus remarquable », relève le Pr Marie-Odile Krebs, également du centre hospitalier Sainte-Anne. Laquelle par ailleurs se montre très critique : « Quel dommage finalement que, dès les premières lignes de l’article, certains stéréotypes stylistiques orientent le lecteur dans une représentation négative de la psychiatrie. Kafka à l’hôpital, quelle lecture en auront les lecteurs ? Celle de la poétique de l’angoisse kafkaïenne d’un monde qui a perdu son âme ? Ou celle plus commune qui associe Kafka à une situation sinistre, absurde, dérisoire ? […] Le discours sur les maladies psychiatriques doit changer si l’on souhaite réellement aboutir à l’objectif essentiel de la déstigmatisation et de la réintégration des patients souffrant de troubles psychiatriques dans notre société. […] Patients, famille, médecins, contribuables…, nous avons tous à y gagner : il est vain d’imaginer que les gens consultent à temps si l’on associe systématiquement une image négative à la psychiatrie (asile, internement, etc.), alors que l’on sait que la précocité de la prise en charge est un facteur majeur de meilleur pronostic, limitant les conséquences médicales et sociales. »

Lire la totalité de l’ article sur les réactions dans Le Point

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