Sondage sur la Contention en psychiatrie: une (très courte) majorité des professionnels semble défavorable à une loi-JIM.fr

Plusieurs rapports ont, ces dernières années, évoqué une progression, dans les établissements français,  de l’utilisation de la contention et des mesures d’isolement en psychiatrie.

Un sondage réalisé sur le site de JIM.fr du 13 septembre au 4 octobre révèle qu’une très courte majorité de professionnels de santé (48 %) se déclare défavorable à un encadrement législatif de l’utilisation de la contention en psychiatrie. Le sondage par ailleurs n’a pas obtenu une participation aussi large que les enquêtes portant sur des sujets où les prises de position sans nuance apparaissent plus faciles.

Signe de la complexité du sujet, la tendance est extrêmement partagée, puisqu’ils sont 44% à se montrer favorables à une telle évolution, tandis qu’une proportion non négligeable (8 %) juge difficile de se prononcer.

On relèvera que l’opposition à un encadrement apparaît plus marquée chez les infirmières (58%) que chez les médecins (51 %).  Cette différence s’explique sans doute en partie par le fait que ce sont les infirmières qui sont le plus souvent « contraintes » d’utiliser la contention et qu’elles répugnent sans doute d’une part à être totalement privées d’une méthode qu’elles considèrent peut-être parfois comme indispensable (parce que protectrice) et d’autre part à se sentir « surveillées » par une loi.

D’une manière générale, c’est sans doute l’incapacité de la loi à répondre à l’ensemble des situations et le refus des professionnels de se sentir entravés par des réglementations rigides qui ont influencé ces résultats.

Une prise de conscience certaine

Cependant, si un encadrement juridique ne semble pas être considéré comme la panacée, une prise de conscience et une évolution des comportements est indispensable. Or, même si certains comme Denys Robillard ont pu regretter un certain refus de la profession à engager une auto critique, l’immobilisme est loin d’avoir triomphé. A tous les niveaux, des initiatives ont vu le jour. Des travaux de recherche ont ainsi été conduits pour évaluer la souffrance des patients soumis à la contention, tels ceux de l’équipe du docteur Roland Bouet au Centre hospitalier Henri Laborit (Poitiers). Des recommandations de bonne pratique ont été rédigées, s’appuyant sur des algorithmes précis, comme au sein hôpitaux de Bordeaux. Concernant les autorités sanitaires, la Haute autorité de santé (HAS) diligentée par la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) élabore actuellement des « fiches mémo » sur ces sujets.

Enfin, des psychiatres ont récemment lancé l’alerte à travers l’élaboration d’une pétition, appelant à « plus d’hospitalité » en psychiatrie. Celle-ci a déjà recueilli 7 508 signatures. Autant d’actions qui marquent une véritable prise de conscience, même si cette question devra également faire l’objet d’une prise en compte du contexte favorisant la progression de la contention et notamment la diminution des effectifs.

Source

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s