Les antipsychotiques associés à un risque accru d’infarctus (méta-analyse)- APM

WASHINGTON, 6 juin 2016 (APM) – Les antipsychotiques sont associés à un risque accru d’infarctus du myocarde, en particulier chez les patients atteints de schizophrénie, confirme une méta-analyse réalisée par une équipe chinoise.

De précédentes données ont soulevé ce lien entre antipsychotiques et infarctus mais avec des résultats contradictoires (cf APM CDRF5003 et APM LDPDR005), rappellent Zheng-he Yu de l’hôpital de Hangzhou et ses collègues dans le British Journal of Clinical Pharmacology (BJCP).Ils ont réalisé une revue systématique de la littérature puis une méta-analyse sur neuf études comparant l’incidence de l’infarctus parmi des patients recevant des antipsychotiques et d’autres sans ces médicaments, menées entre 1992 et 2015, sur un total de plus de 360.000 personnes.

Il apparaît que globalement, le risque relatif rapproché (OR) de faire un infarctus est statistiquement significatif chez les personnes traitées par antipsychotiques, de 1,9 par rapport aux contrôles.

Les différentes analyses par sous-groupes montrent que ce risque d’infarctus est significatif à la fois avec les antipsychotiques de première génération et ceux de seconde génération, mais qu’il est plus important avec les premiers, avec un OR de respectivement 2,2 et 1,7 par rapport à des patients ne recevant pas ce type de traitement.

Peu d’études apportaient des données selon le type de molécule. Dans une seule, le risque d’infarctus apparaissait significatif avec l’amisulpride.

Le risque d’infarctus est également présent pour les trois catégories de diagnostic examinées et il est plus important pour les schizophrènes, avec un OR de 2,5 par rapport à des patients sans schizophrénie.

Pour les patients présentant des troubles de l’humeur, l’OR est de 1,7 et pour ceux atteints de démence, il est de 1,8.

Les résultats selon la durée d’exposition n’étaient pas significatifs mais montraient une association diminuant avec le temps, avec un OR de 2,6 au cours du premier mois de traitement, passant à 1,6 après deux mois puis à 1,35 après trois mois.

Le mécanisme précis sous-jacent à ce risque d’infarctus reste à déterminer mais pourrait s’expliquer aux effets connus des antipsychotiques sur le poids et le syndrome métabolique, commentent les chercheurs. D’autres travaux sont nécessaires pour continuer à documenter ce risque, en tenant compte également d’autres traitements prescrits en association, ajoutent-ils.

Source : APM International – Dépêche numéro 271436

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