Terrorisme : le ministère de la Santé rassure les psychiatres

Les propos du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur l’éventuelle collaboration des psychiatres au repérage des « profils qui demain peuvent passer à l’acte » ont suscité l’inquiétude des professionnels. Mais pour le ministère de la Santé, il n’est « absolument pas question » de modifier le cadre d’exercice ou les pratiques en psychiatrie.

Il n’est « pas question de faire jouer aux professionnels de la psychiatrie un autre rôle que celui qui est le leur », a rassuré jeudi le ministère de la Santé, sollicité par Hospimedia. Leur rôle, « c’est de diagnostiquer, de soigner, d’accompagner », poursuit le ministère. « Il ne s’agit absolument pas de modifier quoi que ce soit dans la pratique des médecins […] et il n’y a aucune intention de modifier leur cadre d’exercice, ni le cadre règlementaire ni le cadre législatif », explique un porte-parole de la rue de Ségur.

Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, avait déclaré le 18 août, au lendemain des attentats en Espagne, que le Gouvernement voulait « mobiliser l’ensemble des hôpitaux psychiatriques, des psychiatres libéraux de manière à essayer de parer à [la] menace terroriste individuelle ». « Nous sommes en train de travailler avec ma collègue ministre de la Santé pour essayer de repérer l’ensemble de ces profils qui demain peuvent passer à l’acte », avait-il affirmé. Et le ministre avait insisté le 22 août sur ce sujet sur BFMTV en déclarant : « Il est clair que le secret médical, c’est quelque chose de sacré mais en même temps, il faut trouver le moyen [pour] qu’un certain nombre d’individus, qui effectivement souffrent de troubles graves, ne puissent pas commettre des attentats ».

Ces annonces ont provoqué l’inquiétude de plusieurs représentants de la psychiatrie, notamment hospitaliers, craignant des atteintes au secret médical et l’enrôlement des professionnels de santé comme auxiliaires de sécurité. Ou encore l’entretien dans l’opinion publique, par ces propos, d’amalgames entre pathologies mentales, risque terroriste et dangerosité.

Pour le ministère de la Santé, nulle atteinte au secret à redouter, puisque l’on restera dans le cadre actuel. « Sur certains cas difficiles ou que les professionnels estiment eux-mêmes comme étant des personnes susceptibles d’un passage à l’acte imminent — quel que soit l’acte d’ailleurs, pas nécessairement terroriste — de violence extrême, qui peut mettre en danger [la] vie [du patient] ou celle d’autrui, ils sont déjà habilités à les signaler », rappelle le ministère, comme l’a fait récemment l’Ordre des médecins. Les professionnels ont alors « la possibilité, offerte par la loi, de rompre le secret médical » et les dispositions actuelles « suffisent à bien encadrer ce type de besoins ».

[avec Hospimedia]

 

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